Coqueluche

La coqueluche est une infection respiratoire causée par une bactérie. Elle se caractérise par des quintes de toux ininterrompues suivies d'une reprise inspiratoire sifflante. La maladie dure plusieurs semaines. Environ 20 à 30 % des nourrissons de moins de 12 mois atteints de coqueluche nécessitent une hospitalisation; des lésions cérébrales se produisent dans environ 1 cas sur 400 chez les nourrissons hospitalisés. Selon des études menées en Grande-Bretagne, les enfants atteints de coqueluche durant l'enfance affichent des taux beaucoup plus élevés de problèmes d'apprentissage et de comportement que les enfants qui n'ont pas contracté l'infection.

La vaccination systématique des bébés et des jeunes enfants a entraîné une diminution notable de la coqueluche dans tous les pays dotés d'un programme de vaccination. Un vaccin de rappel est maintenant recommandé pour les adolescents et les adultes, combiné au vaccin contre le tétanos et celui contre la diphthérie.

Bref historique

Début des années 1900 — La coqueluche tue 5 enfants nés aux États-Unis sur 1000 avant leur cinquième anniversaire. La plupart des décès concernent des nourrissons de moins de 12 mois.
1900 à 1940 — La mortalité infantile due à la coqueluche baisse de 70 % grâce à l'amélioration de l'alimentation, à la réduction du surpeuplement et à la diminution de la taille des familles. Toutefois, malgré la baisse du nombre de décès, le nombre de cas signalés demeure inchangé.
Années 1930 — On découvre le premier « vaccin à germe entier ». Cependant, il cause plus d'effets indésirables chez les enfants que tout autre vaccin : fièvre, irritabilité, pleurs, somnolence et vomissements. Plus rarement, les enfants ont du mal à respirer ou font des réactions allergiques comme l'anaphylaxie (qui peut provoquer un état de choc ou l'obstruction des voies respiratoires).
Années 1940 à 1990 — Un nouveau vaccin à germe entier supprime le risque d'anaphylaxie. L'acétaminophène (comme le Tylenol) réduit les autres symptômes comme la fièvre et les pleurs.
1995 à 1996 — La coqueluche diminue partout au Canada, mais dans une proportion qui varie d'une province à l'autre. De 1995 à 1996, l'incidence de la coqueluche diminue entre 30 et 75 % à Terre-Neuve, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, au Québec et en Ontario. Pendant la même période, elle double ou va jusqu'à décupler à l'Île-du-Prince-Édouard, en Saskatchewan, en Colombie-Britannique et dans les Territoires du Nord-Ouest.
1997  — On introduit le « vaccin acellulaire » (composé de protéines purifiées) dans les programmes de vaccination canadiens. Il cause moins de réactions et est tout aussi efficace que le vaccin à germe entier. À l'avenir, le nouveau vaccin pourra servir aux rappels chez les adolescents et les adultes.

Étude de cas n o 1 — Japon

Avant 1950 —  100 000 cas de coqueluche par année
1974 — 200 à 400 cas de coqueluche par année ; 2 ou 3 décès
1975
— On interrompt l'usage du vaccin anticoquelucheux après le décès de deux nourrissons suite à l'administration du vaccin. Deux mois plus tard, on lève l'interdiction quand on découvre que les décès n'étaient pas liés au vaccin. Cependant, la publicité négative pousse de nombreux parents à décider de ne pas faire vacciner leurs enfants.
1976-79
—  Le taux de vaccination accuse une baisse prononcée, ce qui entraîne une épidémie de coqueluche : 13 000 cas signalés et plus de 100 décès.

Étude de cas n o 2 — Angleterre et Pays de Galles

1975 — Par suite d'informations de presse sur les dangers présumés du vaccin anticoquelucheux, les taux de vaccination baissent de 75 à 25 %.
1977 à 79 — La baisse des taux de vaccination entraîne une épidémie qui affecte plus de 100 000 personnes et cause 100 décès.